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Karamaldeen Hassan, 32 ans, Originaire du Soudan

Karamaldeen Hassan, 32 ans, Originaire du Soudan

Partie 1 : Avant each One

Karamaldeen Hassan est soudanais. Après avoir étudié les relations publiques au Soudan pendant trois ans, il étudie l’e-commerce en Inde pendant quatre ans.

En 2015, il fuit son pays, traverse l’Egypte, l’Italie, Paris, Calais et prévoit de rejoindre l’Angleterre où il a de la famille pour y demander l’asile.

Si Karam finit par demander l’asile en France, ce n’est pas une décision anodine : à son arrivée, il est très touché par l’humanité et la compassion des bénévoles et des associations qui l’accueillent à Calais. Il tombe vite amoureux de la langue. Mais surtout, la perte soudaine de l’un de ses compagnons de voyage est un électrochoc : il revoit ses plans et décide de se donner tous les moyens pour réussir, et ce, d’abord pour son ami.

Une fois son statut de réfugié obtenu, Karam rend visite à son frère en Norvège. Il est fasciné par l’accueil et la prise en charge relative à l’apprentissage de la langue : les réfugiés qu’il y rencontre parlent tous le norvégien parfaitement en moins de deux ans.

Karam l’a vécu à son arrivée, le français est une langue vraiment compliquée. La conjugaison, la grammaire, l’orthographe, tout ça n’est pas une mince affaire. Très vite, il prend le parti d’étudier de son côté pour compléter ses cours : Il travaille d’arrache-pied, écoute France Inter et des chansons françaises, multiplie les exercices. Pour lui, l’apprentissage de la langue, c’est déjà reconstruire sa dignité : c’est se donner une voix, se faire entendre, mais aussi s’intégrer et avoir les clés pour comprendre une culture et un pays si différents du sien.

Je garde espoir et persévérance

Son travail paie : il est accepté à l’université en master Entrepreneuriat. Parce que Karam est un entrepreneur. Son projet : la création d’une association La Voix des Réfugiés à Arras, qui vise justement à informer, témoigner et surtout s’intégrer par la mise en place d’activités culturelles, de cours de français, de soutien scolaire.

Partie 2 : Pendant each One

Ce sont les rencontres qui permettent d’avancer.

Si Karam est parvenu seul à intégrer l’université, il reste qu’il a besoin d’un accompagnement professionnel. Yasmine, l’une de ses amies à Lyon, lui parle de each One et l’aide à postuler. Il intègre le programme de Science Po Lille et profite à fond de tout l’accompagnement professionnel mis en place par l’association. Il rencontre son mentor, son coach et son buddy.

« each One, c’est comme un coach en sport : même si je joue bien, sans coach, je ne peux pas progresser. »

Pour lui, c’est un atout formidable et un gain de temps considérable. Parce que chaque personne a un rôle différent, une vision particulière : le trio est complémentaire. Avec son Buddy, il discute, se fait des amis, se divertit et fait des rencontres. Avec son mentor et son coach, il prépare son CV, sonde les options à la hauteur de ses ambitions, progresse dans sa compréhension du monde du travail en France.

Avec l’aide de each One, Karam se réapproprie son avenir : le champ de possibles est bien plus vaste qu’il ne le pensait, et quatre mois plus tard, avec l’aide de son mentor, il postule chez l’Oréal pour un stage de six mois dans le domaine du développement et de l’animation RH. Et il obtient le poste.

Partie 3 : Après each One

each One permet aux réfugiés de redevenir acteurs de leur propre vie.

Karam se sent épanoui chez l’Oréal, où il a commencé comme stagiaire au département des ressources humaines. Il y gérait l’arrivée des nouveaux employés : les séminaires et les journées d’intégration. Il a également participé à la coordination cette année du One Young World, le congrès mondial des jeunes leaders. C’est l’évènement le plus international qui ait eu lieu à Londres depuis les JO. Son ambition : rassembler tous les leaders de moins de 30 ans qui ont un impact et s’engagent pour un monde plus responsable, plus écologique et plus humain.

Aujourd’hui en CDI, il est en charge des projets communication responsabilité sociétale et environnementale pour la Fondation l’Oréal et compte bien en profiter pour aider les personnes réfugiées.

Karam adore son équipe, il adore son travail et il se sent intégré dans l’entreprise ; il regarde l’avenir avec enthousiasme.

C’est le projet de ma vie cette association.

En parallèle, Karam développe son association avec Françoise, une amie qu’il a rencontrée en centre d’hébergement à son arrivée. Le maire d’Arras est un soutien précieux, impressionné par sa nouvelle maîtrise du français et sensible aux initiatives solidaires, il lui a récemment trouvé un local à Arras. La Voix des Réfugiés est en plein essor.

Depuis l'interview de Karam, il a décroché un CDI : il est chargé de projets communication à la Fondation L'Oréal et s'épanouit pleinement.

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